Alcoolisme et handicap : à Charleroi, comment un projet prépare les jeunes à se confronter à des problématiques sociales incontournables

L’Underground, espace de rencontres, d’animations et de découvertes, a accueilli ce lundi un projet pilote d’animation culturelle et pédagogique porté par l’ASBL Table Ronde Belgium.

Grâce au soutien financier de la Ville via son échevinat de l’Égalité des Chances, de la Santé et de l’Inclusion, une vingtaine d’élèves de l’athénée Orsini Dewerpe à Jumet ont participé à un atelier de sensibilisation croisant alcoolisme et handicap. Cette même animation sera reconduite dans une semaine au même endroit.

Chimène, élève en section aide familiale, a particulièrement apprécié l’initiative : « Des témoins sont venus partager leur vécu, puis nous avons enchaîné avec un échange théâtral », explique-t-elle. Son enseignante, Muriel Cuche, confirme que « les contenus avaient été travaillés en amont avec les classes ».

SANS JUGEMENT

Une vidéo a été projetée pour replacer les deux thématiques : on ne choisit pas de devenir alcoolique – maladie addictive nécessitant un traitement –, et un handicap peut découler de causes génétiques ou médicales, ou résulter d’événements de la vie (accident, complications de santé, vieillissement).

« Il est essentiel d’aborder ces situations sans jugement, avec bienveillance », souligne Chimène. « On en est informés à l’école ou en stage, mais rien ne vaut la confrontation à la réalité. » Selon Isabelle Dewee de l’ASBL Acyres, « le contenu se construit à partir de groupes de parole, d’échanges avec les élèves et de réalisations pédagogiques. Nous l’adaptons aux différents publics : enfants, étudiants, adultes, parfois des personnes précarisées. » Autre volet de ce module : le consentement. « Nous rappelons à chacun son droit de refuser », insiste l’animatrice. Chimène approuve pleinement cette approche.

FIL D’ARIANE

Parce que l’immersion est le meilleur moyen de comprendre une situation, la matinée s’est poursuivie par une session baptisée « fil d’Ariane » par l’ASBL Acyres.

L’exercice invite des participants valides à endosser un masque occultant pour simuler la cécité. Reliés à un fil comme dans une cordée, ils suivent les instructions de leur guide pour éviter les obstacles, progresser et traverser la voirie. Les « malvoyants » doivent alors se fier entièrement à leur accompagnateur.

« Personne ne sort de cet atelier sans avoir appris quelque chose », assure Isabelle Dewee. Pas forcément des notions juridiques, médicales ou sociologiques, mais une expérience émotionnelle et sensorielle forte : « On apprend de ce que l’on ressent et de ce que l’on partage avec les autres. »

Ruben Vermeersch