Airbnb, Booking & Co. : Charleroi passe-t-elle à côté de revenus sans « taxe de séjour » ?
Mieux encadrer et contrôler les locations de courte durée : ce dossier figure à l’agenda politique du collège communal de Charleroi. En Wallonie, les hébergements touristiques doivent être déclarés ou enregistrés, respecter des normes de sécurité (incendie, salubrité) et se conformer aux règles d’urbanisme.
À Charleroi, « l’objectif poursuivi est de maintenir un équilibre entre le développement de l’offre et la qualité de vie des habitants », soulignent l’échevin Tanguy Luambua et le bourgmestre Thomas Dermine, interpellés par une question écrite. Outre la conformité des logements, il s’agit de veiller au respect de l’ordre public et de limiter les nuisances.
Comment surveiller ? Depuis l’entrée en vigueur, en 2023, de l’Arrêté du Gouvernement wallon imposant un permis d’urbanisme pour tout nouveau logement touristique, le service urbanisme de la Ville a traité cinq demandes, dont deux ont obtenu un avis favorable. Quatre sont encore en cours d’instruction. Au total, neuf dossiers ont été recensés en trois ans.
UNE RÈGLE EUROPÉENNE VA FACILITER LES CHOSES EN 2027
Parallèlement aux contrôles locaux, la coopération avec les plateformes de location a été renforcée. Et d’ici 2027, la future réglementation européenne sur les locations de courte durée (STR) renforcera la transparence.
Le secteur de l’hébergement touristique en Wallonie – notamment dans le Pays Noir – comprend hôtels, gîtes, auberges de jeunesse, chambres d’hôtes et locations de type Airbnb, en forte progression. La Région délègue la perception des « taxes de séjour » aux communes (entre 1 et 2 € par nuitée dans des dizaines de localités) et aux provinces. Le Hainaut a ainsi instauré, en 2026, sa propre taxe pour financer les zones de secours. Charleroi, elle, applique une redevance forfaitaire de 210 € par chambre et par an.
UNE TAXE DE SÉJOUR ? IL FAUDRAIT POUVOIR CONTRÔLER
Dans un bassin enregistrant environ 350 000 nuitées annuelles pour un taux d’occupation supérieur à 70 %, la première ville wallonne ne se prive-t-elle pas de revenus ? L’échevin des Finances, Eric Goffart, se montre prudent : « La piste d’une taxe de séjour reste à l’étude, d’autant qu’elle frapperait presque exclusivement des non-carolos (NdlR : comme la taxe annulée sur les passagers de BSCA). » Elle offrirait pourtant une égalité de traitement pour tous les hébergements – aujourd’hui seuls les hôtels contribuent – à condition que le rendement dépasse les coûts et que le service Finances, fortement mobilisé en 2025 pour traiter les augmentations, dispose des moyens d’appliquer cette taxe.
À suivre.
