Charleroi: terrains privés transformés en dépotoirs, la Ville face au défi d’obtenir leur nettoyage par les propriétaires
Parkings de centres commerciaux (Douze à Marcinelle, Colryut à Gilly), terrains privés délaissés (ancienne piscine Solvay à Couillet, ex-hôtel Baladins en bordure de la route de la basse Sambre à Gilly), parcelles appartenant à des promoteurs ou à des particuliers (près de la police fédérale dans le quartier des ACEC à Marcinelle, rue du Centre à Jumet, site Interbéton à Charleroi) : voilà autant d’espaces régulièrement pollués par des dépôts sauvages de déchets.
Quelle est la marge de manœuvre de la ville ? « Elle reste très réduite », reconnaît l’échevin en charge du Cadre de Vie, Eric Goffart. « Il s’agit de propriétés privées en dehors de notre domaine. La commune n’a donc pas la possibilité d’intervenir directement. »
Pourtant, dès lors que ces dépôts représentent un risque pour la salubrité ou la sécurité publique — sans parler du préjudice pour l’image de Charleroi — le bourgmestre peut déclencher une procédure de « mesure d’office ». Concrètement, la collectivité fait réaliser le nettoyage et la remise en état aux frais des propriétaires, puis en réclame le remboursement. « Cette action n’a lieu qu’après mise en demeure des titulaires des droits, afin d’évacuer les déchets et de sécuriser les accès pour prévenir toute récidive. »
PAS DE CADASTRE
La procédure reste lourde (prise de contact, audition, ultimatum, envoi en recommandé), ce qui explique la rareté des mesures d’office. « Nous n’en avons pas encore engagé sous cette mandature », précise Eric Goffart.
En général, les propriétaires finissent par agir eux-mêmes, parfois après de longs délais. C’est le cas rue du Centre à Jumet ou sur un terrain proche du centre commercial des Vallées à Gilly, géré par Equilis. Pour l’ancien site des ACEC à Marcinelle, une démarche a été lancée auprès de la SRL propriétaire. « Nous espérons qu’elle jouera le jeu et assumera ses responsabilités. »
Il arrive aussi que les terrains appartiennent à des sociétés en faillite. Les démarches deviennent alors plus complexes, surtout si les actifs sont limités. Chaque mesure d’office mobilise en outre des moyens considérables.
À ce jour, Charleroi ne dispose pas d’un cadastre précis des dépôts clandestins en zones privées. « Les situations évoluent vite, car les incivilités se déplacent », souligne l’échevin. « Nos services connaissent cependant très bien les secteurs sensibles et assurent un suivi régulier des sites signalés, avec des contrôles ciblés pour éviter toute réapparition de déchets. »
