Charleroi: la nouvelle « taxe piscine » à 555 €/an pour 0,1 % de la population fait polémique — « On a été obligés par la Région wallonne de la mettre »

Depuis deux jours, la Belgique francophone et la région de Charleroi s’indignent d’une nouvelle taxe concernant les piscines privées, en vigueur de 2026 à 2031. Adopté en octobre 2025, le règlement fixe une cotisation annuelle de 555,44 € pour les bassins de 10 à 100 m² et de 1 110,87 € pour ceux de plus de 100 m².

La polémique a pris de l’ampleur après qu’un habitant, détenteur d’une piscine hors sol, a reçu un formulaire de recensement. Relais médiatiques et réseaux sociaux ont amplifié le débat. Une pétition réclame désormais l’exonération des piscines hors sol  (23 signatures à ce jour). L’argument avancé : une piscine tubulaire ronde de 18 m² coûte environ 599 €, soit presque autant que la taxe annuelle.

Le MR de Charleroi a vivement critiqué cette mesure, dénonçant « une créativité fiscale » qui pèse sur les citoyens plutôt que de s’attaquer « sérieusement à la dette et aux dépenses ». Pourtant, lors du vote au conseil communal, la taxe a été approuvée à l’unanimité des votes exprimés : 32 pour et 4 abstentions, sans opposition directe.

La Ville de Charleroi rappelle qu’elle a été « obligée » d’instaurer cette taxe par la Région wallonne (coalition MR-Les Engagés). Dans le cadre de la convention Oxygène, la Région prête des millions aux grandes communes, moins dotées que leurs homologues flamandes, mais impose en retour l’adoption de toutes les taxes mentionnées dans la circulaire, y compris celle sur les piscines. Le montant de 555 € à partir de 10 m² n’est pas l’invention de la Ville, souligne son cabinet.

Charleroi précise qu’une cinquantaine de communes wallonnes, comme La Louvière ou Tournai, appliquent déjà une taxe similaire. À l’inverse, elle a choisi de supprimer la taxe sur la force motrice – qui frappait les indépendants et entreprises – et celle sur l’égouttage, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens. La Ville avait également voulu mettre en place une taxe sur les passagers de l’aéroport de Charleroi, mais celle-ci a été invalidée par le gouvernement wallon.

Au premier recensement, la taxe ne concernerait que 0,1 % de la population carolo : une centaine de piscines sur 96 000 foyers. Les bassins démontables, installés d’avril à octobre seulement, échappent à la mesure, le relevé étant effectué au 1er janvier. Si l’administration commet une erreur en recensant une piscine temporaire, le citoyen peut demander la rectification.

Quant à l’idée d’exonérer spécifiquement les piscines hors sol, la Ville la juge juridiquement compliquée : « Le principe d’égalité face à l’impôt interdirait toute discrimination. Les piscines saisonnières sont donc exemptées, mais pas les installations permanentes. »

Ruben Vermeersch