Réforme des provinces: un député Les Engagés prévient qu’elle « pourrait mettre en danger » les services sociaux et les écoles spécialisées du Hainaut

Après l’enseignement, l’action sociale représente le deuxième pilier de la province du Hainaut. David Lavaux se mobilise pour que ce dispositif reste tel qu’il est.

Selon le député provincial (Les Engagés), “aucune province de Wallonie ne surpasse le Hainaut en matière d’action sociale”. Il met en garde contre tout démantèlement : 99 services de proximité œuvrent à l’inclusion, à l’emploi, à l’accueil de jour ou à l’hébergement adapté. À cela s’ajoutent douze écoles spécialisées et près de 2 500 agents qui interviennent chaque jour.

Ces équipes accompagnent principalement deux publics. D’une part, les personnes en situation de handicap, suivies tout au long de leur vie. D’autre part, celles qui rencontrent des difficultés psychologiques ou psychosociales, bénéficiaires d’un suivi pluridisciplinaire.

Fruit d’un siècle d’évolution, ce réseau remonte à 1920, avec l’école des estropiés de Charleroi, devenue école clinique. Sur le territoire, trois des six Instituts médico-pédagogiques (IMP) sont actifs à Charleroi et en Thudinie : les instituts René Thône de Marchienne et de Marcinelle, ainsi que le centre Arthur Regniers à Lobbes. Près de mille agents provinciaux y sont employés.

Le soutien aux personnes handicapées débute parfois avant leur naissance. “Des futurs parents nous sollicitent dès le diagnostic prénatal”, explique David Lavaux. Les enfants intègrent ensuite ces structures dès le plus jeune âge et y demeurent souvent jusqu’à leur décès, fréquemment postérieur à celui de leurs parents en raison de l’allongement de l’espérance de vie. Ce phénomène fait également émerger de nouveaux enjeux liés au vieillissement : certains résidents souffrent aujourd’hui de maladies dégénératives. “Nous accompagnons par exemple un bénéficiaire trisomique atteint de la maladie d’Alzheimer.” Pour répondre à ces évolutions, des formations spécifiques à l’accompagnement de fin de vie ont été mises en place. Parallèlement, la hausse des diagnostics d’autisme chez les enfants requiert des parcours scolaires adaptés.

La réforme des provinces, en cours de discussion, soulève des craintes quant à la transférabilité des moyens du Hainaut. D’une part, les financements sont mutualisés entre la Fédération (Enseignement) et la Région wallonne (Santé). D’autre part, la structure actuelle repose sur une architecture et une échelle géographique qu’un découpage territorial risquerait de fragiliser. “Réduire le territoire mettrait en péril certaines institutions. Un cloisonnement interromprait la continuité des soins et des services. Quant à une éventuelle privatisation, elle menacerait les capacités d’accueil des Hennuyers.”

Selon David Lavaux, la province a toujours fait primer les besoins locaux, tandis que les opérateurs privés ciblent fréquemment des résidents étrangers, notamment français, jugés plus rentables. Le témoignage chiffré est sans appel : sur environ 3 000 bénéficiaires, on ne recense que huit Français dans les structures provinciales.

La province prend en charge tous les types de handicaps, y compris les plus rares. Les progrès médicaux ont diminué la prévalence de certains troubles comme la malvoyance ou la malentendance, pour lesquels l’inclusion demeure privilégiée. Au-delà de ses établissements, la province propose également des services de soutien à domicile.

Ruben Vermeersch