Charleroi met en pause le réaménagement de l’ancienne piscine de Gilly, vu l’état des finances de la Ville

Le projet de transformer l’ancienne piscine de Gilly, laissée à l’abandon depuis 2014, en hall sportif ne pourra pas voir le jour avant quelque temps. Peut-être en 2027 ? Voici où en est le dossier.

L’édifice, régulièrement squatté, suscite l’inquiétude des riverains. En janvier 2026, un individu se présentant comme agent communal aurait dérobé du matériel électrique. En février, quatre jeunes de 10 à 15 ans se sont introduits dans le bâtiment pour y allumer un feu, sans toutefois propager l’incendie à l’ensemble des locaux. Face à ces incidents, la police locale de Charleroi a organisé un « briefing spécifique » pour la place Destrée, récemment rénovée. Malgré les aménagements réalisés à ses abords, la piscine abandonnée reste un point noir pour la sécurité de Gilly, selon le conseiller MR Benjamin Buyle.

Pour comprendre la situation, il faut revenir en arrière. Après plusieurs années de difficultés – dont un incident de valve ayant provoqué 54 intoxications au chlore en 2009, la Ville de Charleroi a décidé de fermer officiellement la piscine en 2014, jugée trop onéreuse à entretenir. Dans la foulée, les plans de réhabilitation de la place Destrée ont été imaginés, tandis qu’un projet de reconversion de la piscine en salle omnisports et espace polyvalent voyait le jour. Recréer un bassin aurait coûté trop cher ; la commune a préféré concentrer ses efforts sur les installations de Marchienne-au-Pont et de Montignies-sur-Sambre.

Depuis, la place a été réaménagée et la salle Temps Choisi, toute proche, entame sa rénovation… mais l’ancienne piscine demeure en suspens. Selon l’échevin PS Mahmut Dogru, responsable des bâtiments, « le projet de reconversion de l’ancienne piscine de Gilly est actuellement suspendu en raison des mesures de rigueur budgétaire actées fin 2025 ». Le permis d’urbanisme a pourtant été obtenu et l’appel d’offres lancé, mais l’attribution du marché reste en attente. L’objectif est désormais de l’attribuer en 2027, dans la mesure où les marges budgétaires le permettront. La Région wallonne a, par ailleurs, prolongé les délais d’utilisation des subsides.

Estimé à 6 millions d’euros l’an dernier, le chantier devait être financé à 80 % par la Région wallonne. Mais la Ville de Charleroi doit réaliser 40 millions d’économies dans le cadre de la convention Oxygène, et l’investissement de 1,2 million d’euros à Gilly n’a pas été jugé prioritaire au vu de la situation financière communale.

Ruben Vermeersch